Antiquité
Etymologie - Préhistoire : Oestrimnios
- Préhistoire :
Kallaikoi - Ere romaine - Priscillianisme
Les Priscillianistes
En 325, eu lieu le Conseil
de Nicea (Nice) où est définit la doctrine orthodoxe du
christianisme catholique qui sera adoptée comme religion de
l'Empire par Teodosio en interdisant les autres pratiques religieuses
existantes ; principalement le paganisme, l'arianisme et le
priscillianisme. Le nom de cette dernière est du à son
principal diffuseur, Prisciliano. Ce noble né en Iria Flavia en
349, après avoir été instruit à
l'Université de Bordeaux avec Delphidius retourne en Gallaecia
dans le but de réformer son église sur la base d'une
doctrine fruit de d’une synthèse entre le christianisme
gnostique primitif et le druidisme celte enraciné chez les
galliques. Comme fait important, le priscillianisme accorde une grande
liberté et une importance à la femme, ainsi la
première femme dont on conserve des textes écrits en
latin est Egérie, religieuse gallique priscillianiste qui a
vécu vers 381. Prisciliano commence à diffuser sa
doctrine vers 375 qui de manière immédiate s’enracine
dans la population et l'église gallique, en créant la
première structure de pouvoir ségrégée
à Rome en Gallaecia. Depuis, le priscillianisme s’est
étendu à la Lusitanie et la Bétique. Le grand
nombre de religieux et d’ecclésiastiques qui adhérait au
priscillianisme dans toute l’Hispanie a levé la méfiance
des plus orthodoxes, et pour cela Aydignio, Évêque de
Cordoue va à Ithacio, près de Mérida. Celui-ci
convoque un conseil à Saragosse en 380 dans lequel il accuse les
priscillianistes de pratiques hérétiques et lors duquel
sont excommuniés outre Prisciliano, les évêques
Salviano et Instancio, fait qui sera aggravé par la
dictée rescripto par l'empereur Graciano qui exila extra, omnes
terras à tout ce qui est hétérodoxes en Hispanie.
Toutefois ces mesures répressives obtiennent seulement
l’augmentation des appuis et le nombre de partisans de Prisciliano.
Ainsi, en 382 il est élevé Évêque d'Avila et
il décide de partir vers Rome pour résister à
l'offensive d'Ithacio. Là - après s’être vu
refusée l’audition par le pape Dámaso - de l'empereur il
obtient la dérogation du rescripto impérial.
À leur retour les priscillianistes récupèrent
leurs églises et Ithacio est exilé. Le pouvoir de
Prisciliano est étendu sur toute l’Hispanie et l’Aquitaine quand
l'empereur Graciano sera détrôné par Maximum
Clément. Celui-ci, à la demande d'Ithacio, recommence le
processus anti-priscillianistes. Après un conseil à
Bordeaux, Prisciliano fait appel à l'empereur. Le processus
terminé, un autre est entamé à Tréveris
(Alemania) où, après nombre de corruption et trahisons
des deux côtés, Prisciliano est condamné et est
décapité en 389 avec ses principaux partisans, les autres
sont exilés et dépouillés de leurs biens.
La phrase et l'exécution des priscillianistes ont eu un impact
remarquable à l'époque, en étant à
l'origine des protestations de l'évêque de Rome
lui-même, Siricio, ou Martín Turonense, celui qui s'est
adressé à la coupe en obtenant la révocation de ce
qui est prescrit.
Ceci sera possible en 393 où des groupes de galliques arrivent
à Tréveris pour exhumer solennellement ses restes, qui
prendront le retour en Gallaecia en suivant la route qui deviendra plus
tard le chemin de Santiago (Saint-Jacques). Loin de mettre un terme au
priscillianisme, ces faits le consolident jusqu'au point qu'ithacio est
excommunié et doit renoncer à la mitra tout comme les
autres anti-priscillianistes comme Rufo ou Idacio.
Pour éviter de nouvelles persécutions les
priscillianistes se sont constitués en société
secrète et ont continué à exercer le pouvoir en
obtenant des nomination d’évêques. Cette situation
créera un schisme qui plongera l'église dans une grande
confusion, en forçant le Pape Innocent à intervenir.
Malgré cela, avec les restes funéraires de Prisciliano
enterrés en Gallaecia, le priscillianisme est populaire tant
dans la population que dans le clergé. Le pouvoir
priscillianiste favorise dans la Gallaecia une cohésion
religieuse, économique et sociale en marge de
l'instabilité d'un Empire romain déjà
décadent, plongé dans des divisions et des conflits
internes tandis que les frontières de leur partie occidentale
cédaient sous la pression des peuples germaniques.