Du franquisme à la Catalogne actuelle
Le franquisme (1939-1975) a
imposé à la Catalogne, comme au
reste de l'Espagne, l'annulation des libertés
démocratiques, l'interdiction et
la persécution des partis politiques, l’interdiction de la
presse infidèle au
régime et l'élimination des organismes de gauche.
En outre, le Statut d'Autonomie et les institutions
dérivées sont supprimés, la
langue et la culture catalane sont interdites dans toute manifestation
publique
et y compris (dans les premiers temps) dans le domaine privé.
Tout signe de
résistance a été supprimé avec
énergie, voyant se multiplier les domaines de
concentration où les prisonniers vivaient dans des conditions
précaires, les
prisons se remplissent et des milliers de catalans ont dû
être exilés. En
outre, 4.000 catalans ont été exécutés
entre 1938 et 1953, dont le président de
la « Generalitat » Luís Companys, pour
être restés des fidèles de la
république.
Après les premiers temps d'une économie autarcique, dans
les années soixante
l’économie entre dans une étape de modernisation
agricole, d'accroissement de
l'industrie et reçoit un tourisme de masse.
La Catalogne a aussi été une destination du mouvement
d’immigration, donnant à
Barcelone et aux villes voisines une croissance
accélérée. L'opposition au
franquisme s’est fortement développée, dont les
manifestations les plus
visibles du mouvement ouvrier ont été des Commissions
Ouvrières, puis le
syndicalisme, et le PSUC.
Dans les années soixante-dix, l'ensemble des forces
démocratiques se sont unifiées
autour de l'Assemblée de Catalogne. Avec le décès
du général Franco, une
période de transition démocratique est entamée,
tout au long de laquelle les
libertés de base s’accroissent, et sont consacrées par la
Constitution
espagnole de 1978. Elle reconnaît l'existence de
Communautés nationales dans
l'État espagnol, donnant lieu à la formulation de
l'État des Autonomies. Après
les premières élections générales, en 1977,
on a provisoirement restauré la
« Generalitat »,
représentée par Joseph Tarradellas et que composaient des
représentants des
forces les plus significatives de cette époque.
En 1979, est finalement nettement approuvé un nouveau Statut,
supérieur à celui
de 1932 dans quelques aspects comme enseignement et la culture, mais
inférieur
dans d'autres domaines comme la justice, les finances et l’ordre
public. En celui-ci,
la Catalogne est définie comme "nation", le catalan est reconnu
comme
"langue propre de la Catalogne" et obtient le même
caractère officiel
que le castillan. Après leur promulgation, ont eu lieu les
premières élections
catalanes, qui ont donné la présidence de la
« Generalitat » à Jordi
Pujol, de « Convergència i il A uni »,
connaissant des triomphes
électoraux répétés jusqu'en 2003.
Pendant les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, la
construction de l’autonomie
concerne divers domaines, dont le déploiement d’une police
autonome, la
création de l'administration régionale et le Tribunal
Supérieur de Justice de Catalogne.
La Loi de Normalisation Linguistique est approuvée, afin de
favoriser la connaissance
et l'utilisation du catalan, comme par les moyens de communication,
radio et
télévision.
Le 5 novembre 1992,
l'Espagne
a ratifié à Strasbourg, la charte européenne des
langues régionales ou
minoritaires, par laquelle elle requiert entre autres, l’obligation de
les
reconnaître, de les respecter et de les promouvoir.
En 1992, à Barcelone se tiennent les Jeux Olympiques, ils ont
permis de donner
à la Catalogne une reconnaissance internationale.
Tout au long des années quatre-vingt-dix, l'absence de
majorité absolue dans le
gouvernement espagnol a contribué à étendre les
autonomies, malgré l'appui de
CiU au dernier gouvernement de Felipe González (1993-1996) et au
premier de
José María Aznar (1996-2000). Cette situation, l'usure de
la CiU après tant
d'années dans le gouvernement, et l'agressivité des
derniers gouvernements
d'Aznar, soutenus par CiU, a conduit, en novembre 2003, à un
résultat des
élections autonomes qui provoque un changement de partis dans le
gouvernement
de la « Generalitat ».
Bien que n’ayant pas gagné les élections au nombre de
sièges, Pasqual Maragall
(PSC-PSOE) a été nommé président, en
dirigeant un gouvernement de coalition
formé par le Psc-PSOE-CpC, ERC et l’Initiative PER
Catalunya-Esquerra Unie i
Alternative, c’est l’actuel « Tripartisme
catalan ».