La Catalogne féodale
médiévale
Le XIè se caractérise en
Catalogne par le développement de
la société féodale, comme conséquence des
pressions seigneuriales pour développer
le lien de vassalité avec les paysans libres (alodiales, aloers
catalan).
Au milieu du siècle, éclate une guerre sociale violente,
où les seigneurs
s’imposent aux paysans, grâce aux avantages de nouvelles
tactiques militaires,
basées sur l'embauche de mercenaires bien armés et
à cheval.
Ainsi, à la fin du siècle, la majorité des
propriétaires campagnards s'étaient
transformés en employés soumis au seigneur. Ce processus
a coïncidé avec un
affaiblissement du pouvoir des comtes et la division du territoire dans
nombreuses propriétés seigneuriales. Avec le temps, la
région deviendra un État
féodal basé des fidélités complexes et des
dépendances, en haut desquelles se
trouvera le comte de Barcelone.
Avec le temps, les comtes de Barcelone lieraient tous les autres
comtés
catalans à leur couronne. Jusqu'à la moitié du
XIIè siècle, les comtes de
Barcelone qui se succèdent ont essayé d'étendre
leur territoire dans de multiples
directions, ce qui leur a rapporté l'incorporation du
comté de Besalú (1111),
du comté d'Ampurias, et de celui de Cerdaña.
Pour sa part, en 1118 les
Églises catalanes on a libéré le
diocèse de Narbone et a instauré celui de Tarragone.
Plus tard, sous le gouvernement du comte Ramón Berenguer IV
(1131-1162),
différents faits fondamentaux pour l'histoire de la Catalogne se
sont produits.
D'une part, son mariage avec Petronila d'Aragon, ce qui a
supposé l'union du
comté de Barcelone et le royaume d'Aragon, dès lors le
territoire commun sera
appelé Couronne d'Aragon. D'autre part, la conquête
catalane de Lérida et de
Tortosa, avec lesquels on a atteint la totalité du territoire
actuel de la
Catalogne. Le nouveau territoire, au sud de la vieille frontière
de la Marque
Hispanique, sera connue comme la « nouvelle
Catalogne » et sera
repeuplée tout au long du XIIè.
À la fin du XIIè, différents accords avec le
royaume de Castille ont délimité
les futures zones avec de nouvelles conquêtes en territoire
musulman, mais en
1213, la défaite de Pedro II le Catholique dans la bataille de
Muret a mis un
terme au projet de consolidation du pouvoir catalano-aragonais sur
l'Occitanie.
Après une période d'agitation, en 1227, Jaime I le
Conquérant a pleinement assumé
le pouvoir comme héritier du trône de la Couronne d'Aragon
et on entamé
l'expansion territoriale sur de nouveaux territoires. Au cours de la
seconde
moitié du XIIIè siècle, les Iles Baléares
sont inclues à la couronne et Valence.
Ce dernier, le Royaume de Valence, devient un troisième royaume
de la Couronne
d'Aragon, avec des Coupes propres et de nouvelles juridictions : les
Furs de
València.
Par contre, le territoire majorquin, avec les comtés de
Rosellón et de Cerdaña,
la ville de Montpellier, les Omeladés et Carladés, seront
livrés en héritage à son
second fils, Jaime, et formeront le royaume de Majorque, entamant ainsi
une
période de tension interne qui prendra fin avec son annexion
à la Couronne
d'Aragon en 1343 par Pedro IV le Cérémonieux.
Entre les dernières décennies du XIIIème
siècle et les premières du XIVème, la
Catalogne a vécu une période de grande plénitude,
avec une forte croissance
démographique et une expansion maritime sur la
Méditerranée. Cette époque
coïncide avec les règnes de Pedro III le Grand, qui envahi
la Sicile (1282) qui
était défendue par un croisé français ;
Alphonse III le Libéral, qui a été
autorisé de Menorca, et de Jaime II, qui a envahi la Sardaigne
et avec qui le
pouvoir catalan a atteint son expansion économique maximale du
Moyen-Âge.
Toutefois, depuis la seconde partie du XIVème siècle,
commença un retournement
pour la Catalogne, marqué par la succession de catastrophes
naturelles, de crises
démographiques, la stagnation puis la récession de
l'économie catalane et l’émergence
de tensions sociales.
Le règne de Pedro IV le Cérémonieux (1336-1387)
s'est caractérisé par de graves
tensions guerrières, parmi lesquelles on compte l'annexion du
royaume de
Majorque, la rébellion sarde, la rébellion des unionistes
aragonais et de
Valence et, surtout, la guerre contre la Castille. Ces épisodes
ont produit une
situation financière fragile, en pleine crise
démographique et économique, mais
aussi un développement institutionnel et législatif
puissant, dont on peut
souligner la création de la Députation
Générale de Catalogne ou Generalitat de
Catalogne (1365).
Le décès sans descendance et sans la nomination de
successeur du roi Martín I
l'Homme en 1410 a
ouvert, en outre, une grave crise de succession.
Cela a ouvert une période d'entre-rêgne, pendant laquelle
la situation évolue
progressivement pour le puissant candidat de la dynastie castillane des
Trastámara, Fernando d'Antequera, qui après l’accord de
Caspe en 1412, a
été nommé détenteur
de la Couronne d'Aragon.
Le successeur de Fernando I d'Aragon, Alfonso V le Magnanime, a
encouragé une
nouvelle étape expansionniste, cette fois sur le royaume de
Naples, qu’il
domine en 1443. Parallèlement, la crise sociale en Catalogne
s’aggrave, tant
par les conflits ruraux qu’urbains. Le plus fort de ces conflits, en
1462, fut
la rébellion des remensas, par les paysans face aux pressions
señoriales, la
guerre civile s’étend pour encore plus de dix années,
après lesquelles la
région est épuisée. Les conflits remensas n'ont
pas été résolus et la France a
retenu jusqu'aux 1493 les comtés de Rosellón et de
Cerdaña, qui ont été occupés
pendant le conflit. Le Catholique Fernando II d'Aragon a résolu
le conflit
remensa en 1486, réformant en profondeur les institutions
catalannes,
récupérant pacifiquement les comtés catalans du
nord et en étendant l'activité
de la couronne sur l'Italie.
Son mariage avec Isabel la Catholique, reine de Castille, a conduit la
Couronne
d'Aragon à une union dynastique avec la Castille, effective
à son décès en
1516, mais les deux royaumes ont conservé leurs institutions
politiques et ont
maintenu leurs propres lois, administrations publiques et leur monnaie.